Le repas d’affaires

Le repas d’affaires

Le repas d’affaires – ou repas de travail (moins eighties) -, réunion déguisée sous une appellation sympathique mais trompeuse, est un passage parfois obligé pour une prise de contact avec un client, un futur partenaire, investisseur ou associé, la signature d’un contrat ou la célébration de ladite signature. Evénement hautement important, donc, qu’il convient d’organiser dans les règles de l’art et de la bienséance sous peine de froisser son interlocuteur et de se voir écarté d’un process professionnel bien engagé pour une sombre histoire gastronomique. Pas de panique, nous vous avons concocté un menu de conseils aux petits oignons pour ne plus faire chou blanc en repas d’affaires…

MISE EN BOUCHE

  • C’est celui qui initie le repas qui choisit le restaurant. Il évitera de faire se déplacer son invité jusque dans son quartier, préférant au contraire un établissement proche du lieu de travail de celui-ci, ou à mi-chemin, pour marquer sa déférence.
  • Le restaurant choisi ne doit pas être trop bruyant (exit les brasseries où l’on mange sur les genoux de son voisin sans entendre son interlocuteur !) mais on évitera également les salles vides dans lesquelles le moindre éclat de voix fait sursauter les serveurs endormis.
  • On confirmera à nouveau le repas la veille, histoire de ne pas se retrouver seul, endimanché devant son entrecôte.
  • On préparera les sujets que l’on souhaite aborder, lesquels devront être appris par cœur (non, on ne sort pas ses notes sur la nappe amidonnée). Le repas d’affaires se fait sans filets ; on y reconnaît les vrais artistes !

ENTREE

  • L’invitant arrivera le premier sur les lieux du crime. Lorsque l’invité se présentera au maître d’hôtel, il sera alors prêt à l’accueillir comme une bonne maîtresse de maison.
  • Si les invités sont plusieurs, l’invitant effectuera le placement, habitude qui peut paraître surannée mais qui, à l’instar d’un jeu d’échec, peut changer le déroulement du repas (les muets et les mous seront séparés et pas cloîtrés en bout de table, condamnés à épier les éclats de rire d’autrui en se murmurant des paroles banales et ennuyeuses).
  • Les invités choisiront les mets, mais c’est la puissance invitante qui aura la charge de sélectionner le vin. Si un invité ne souhaite pas boire d’alcool, il doit le signifier à ce moment. En effet, on ne trempe ses lèvres en faisant semblant que pour un toast.
  • Des manières de table, propres à certains étrangers, peuvent avoir un autre sens que celui que nous leur accordons. Par exemple les Chinois et autres Asiatiques trinquent volontiers par courtoisie (et même par respect) au cours d’un déjeuner d’affaires alors que pour nous il s’agit d’une tradition familière (donc, pas de bruyant « Tchin-tchin ! » sans qu’on vous y ait invité).
  • IMPORTANT : il est de bon ton de n’aborder les sujets boulot qu’à l’arrivée du plat principal (mais pas après, le délai sera alors trop court). L’entrée est donc l’occasion de s’adonner au « small talk », soit les conversations traitant des enfants, des prochaines vacances, des sorties ciné ou livres, bref tout ce que vous aurez appris sur Terrafemina. On évitera les sujets trop intimes du type : « C’est vrai que votre femme vous a quitté ? Ca doit être hard ! »
  • Si l’invitant compte prendre un plat avec supplément, il peut nonchalamment le faire savoir à ses invités qui, rassurés, oseront eux aussi commander la côte de bœuf à +5 euros.
  • Invités comme invitant éviteront bien entendu les plats casse-gueule du type bolognaise, travers de porc sauce barbecue ou pinces de crabe ; bref tout ce qui fait « slurp », tache et demande une attention de chaque instant, alors détournée du discours de son interlocuteur.

PLAT

  • On entame en douceur le sujet qui nous réunit (en évitant les gros sabots : « Bon, parlons peu parlons bien, et ce contrat alors ?! »).
  • On ne se focalise pas sur son plat. Rappelons-le, la nourriture n’est qu’un prétexte, vous êtes en réunion déguisée. Focaliser sur son cabillaud, c’est comme envoyer des textos en réunion, grossier.
  • On ne boit pas trop, on tamponne délicatement les commissures de ses lèvres, on ne se fait pas de tartines beurrées, on ne sauce pas son assiette et on ne redemande pas des frites. Des évidences qu’il convient néanmoins de rappeler ici.

DESSERT-CAFE

  • De nos jours, on se calque sur le modèle parisien qui a standardisé le repas de travail sur une durée de plus ou moins une heure. Si vous avez pris des entrées, il vous sera alors difficile de prendre un dessert. Epoque oblige, commander les profiteroles pourra également donner de vous une image trop « bon vivant » et pas assez dynamique. Exit les déjeuners chabroliens, même en province, où bien que ce nouveau protocole dukanien soit moins appliqué, on ne fait plus que rarement bombance.
  • L’invitant paiera sans que l’invité ait à feindre de sortir son portefeuille, soit en se glissant discrètement à la caisse pour régler comme par magie (ou en se faisant envoyer la note au bureau, encore plus classe), soit en rendant la transaction la plus agréable possible pour son invité. Si la question se pose, sachez que c’est à celui qui a réservé la table de s’acquitter de l’addition.
  • L’invité remerciera chaleureusement, même s’il sait que c’est l’entreprise de l’invitant qui lui aura payé cette belle côte de bœuf (quant à l’invitant, il n’aura évidemment pas bruyamment demandé une note de frais). Mais entendons-nous, les remerciements concerneront l’attention et le temps consacré et pas la dépense effectuée, ce qui serait assez ridicule.
  • L’invité choisira ensuite le moyen de communication de son choix pour remercier (mail, texto ou courrier qui, bien qu’un peu old school, pourra permettre d’attacher habilement des documents importants à la lettre de château, et ainsi conclure une affaire rondement menée !)

Article rédigé avec l’aide de Marie-France Lecherbonnier, auteure du « Guide du savoir-vivre », à paraître prochainement chez Nomad Edition.

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